Le deuxième mandat de Trump
Points clés
- Le protectionnisme et les tensions géopolitiques ont accru l’incertitude : Trump a renforcé sa politique “America First” lors de son second mandat, avec de lourds droits d’importation («Liberation Day»), des guerres commerciales (surtout avec la Chine) et des tensions croissantes avec des pays comme l’Iran, le Venezuela et même des partenaires de l’OTAN. Cela a entraîné des perturbations dans les flux commerciaux et une forte volatilité des marchés.
- Pression politique sur la Réserve fédérale mais changement de politique limité : Trump a accentué la pression sur la Fed et sur le président Powell, y compris par des démarches juridiques, ce qui a affecté la perception de l’indépendance de la Fed. Cependant, la Fed a continué de se fier aux données économiques fournies et a abaissé les taux d’intérêt à trois reprises de 25 points de base en raison du ralentissement de la croissance et de la baisse des pressions inflationnistes.
- Marchés volatils mais clôture solide grâce aux accords et à la baisse de l’inflation : Après la forte correction du Liberation Day, les marchés se sont redressés au second semestre grâce aux accords commerciaux, à la baisse de l’inflation et aux réductions de taux. Le S&P 500 a terminé à +16,6 % en USD, le Nasdaq à +20,5 % en USD, le dollar s’est affaibli et l’or a atteint un record en raison de la forte demande et de l’incertitude géopolitique.*
Politique commerciale
En 2025, le président Trump a renforcé sa stratégie économique en remettant la politique commerciale au centre de ses préoccupations. Son objectif était clair : améliorer la balance commerciale américaine et stimuler la production nationale. Pour y parvenir, il a annoncé en avril 2025 un ensemble complet de droits d'importation pour les pays qui, selon les États-Unis, avaient un excédent commercial important vis-à-vis de l'Amérique. Cette décision, qu'il a lui-même qualifiée de «Liberation Day», a provoqué presque immédiatement une forte correction sur les marchés boursiers mondiaux, où l'incertitude a pris le dessus.
Bien que ces mesures aient été destinées à soutenir l'industrie américaine, elles ont eu en réalité un effet tout à fait différent. Les nouveaux droits de douane ont perturbé les chaînes de valeur mondiales, augmenté les coûts de production des entreprises et accru l'incertitude des investisseurs. Les détracteurs ont averti que cette approche risquait non seulement d'alimenter l'inflation, mais aussi de nuire au potentiel de croissance de l'économie américaine.
L'inflation a temporairement augmenté après l'introduction des droits de douane, passant de 2,3 % en avril à un pic de 3 % en septembre, avant de retomber à 2,7 % à la fin de l'année. Bien que ce niveau soit resté supérieur à l'objectif de la Réserve fédérale, le choc inflationniste s'est avéré gérable pour l'instant.
Les accords commerciaux ont marqué un tournant important plus tard dans l'année. Le Royaume-Uni a conclu un accord avec les États-Unis début mai, suivi par l'Union européenne fin juillet. Avec la Chine, le conflit s'est initialement transformé en une véritable guerre commerciale, avec des droits de douane réciproques pouvant atteindre 145 %. Finalement, un accord commercial temporaire d'un an a été conclu en septembre 2025.
Politique monétaire
La politique monétaire en 2025 a été marquée par une pression politique croissante sur la Réserve fédérale. Le président Trump s'est adressé à plusieurs reprises au président de la Fed, Jerome Powell, et a ouvertement appelé à des baisses de taux plus rapides et plus importantes afin de compenser l'impact économique de sa politique commerciale. Les tensions se sont encore intensifiées lorsque l'administration Trump a intenté un procès contre Jerome Powell, ce qui a sapé la perception de l'indépendance institutionnelle de la Fed. La gouverneure de la Fed, Lisa Cook, a également fait l'objet de pressions politiques. Le 25 août, le président Trump a annoncé qu'il souhaitait la licencier pour fraude hypothécaire présumée, une décision que la Cour suprême avait déjà critiquée, avertissant qu'elle pourrait nuire gravement à l'indépendance de la Réserve fédérale.
Malgré ces pressions, la Réserve fédérale a maintenu son indépendance et son approche fondée sur les données. Au cours de l'année 2025, trois baisses de taux d'intérêt de 25 points de base chacune ont été mises en œuvre, motivées par un ralentissement de la croissance et une baisse des pressions inflationnistes, et non par des considérations politiques. Cet assouplissement prudent a soutenu les marchés financiers, tandis que l'inflation restait supérieure mais proche de l'objectif.
Dans le même temps, l'augmentation des déficits budgétaires et des émissions de dette a exercé une pression sur les marchés obligataires. Les investisseurs ont exigé une prime de risque plus élevée, ce qui a entraîné une hausse des taux d'intérêt à long terme et une volatilité accrue sur le marché américain des bons du Trésor.
Géopolitique
Sur le plan géopolitique, Trump a adopté une attitude conflictuelle. Les tensions avec la Chine sont restées vives, tandis que les relations avec l'Iran, le Venezuela et même les alliés de l'OTAN ont été mises à rude épreuve, notamment en raison des déclarations américaines et des revendications stratégiques concernant le Groenland, qui ont suscité un mécontentement croissant au sein de l'alliance. L'action militaire contre le Venezuela au début de l'année 2026 a souligné la volonté des États-Unis de défendre fermement leurs intérêts économiques et géopolitiques.
Dans le même temps, la guerre en Ukraine se poursuivait, tandis que des doutes grandissants apparaissaient quant au soutien des États-Unis à l'Ukraine dans le conflit, Trump ayant critiqué à plusieurs reprises l'aide financière et militaire apportée à Kiev. Cette incertitude géopolitique a alimenté la demande de valeurs refuges et de matières premières stratégiques, tandis que l'imprévisibilité de la politique étrangère américaine a suscité une réticence croissante chez les investisseurs internationaux et les alliés.
Economie américaine: une économie en K
Le tableau économique des États-Unis est resté mitigé en 2025. La partie haute du K de l’économie dite en K, la consommation des ménages à revenus élevés est restée forte grâce à de solides réserves d'épargne et par l’appréciation de leurs actifs financiers sur les marchés boursiers. Les entreprises américaines ont également enregistré des bénéfices globalement solides, ce qui a renforcé le côté positif du tableau économique.
Dans le bas du K de l’économie dite en K, la situation était moins favorable pour les ménages à faible revenus. L'économie est restée sensible aux fluctuations de l'inflation, le marché du travail a commencé à ralentir et le chômage a progressivement augmenté. Les ménages dont le budget est plus rapidement mis sous pression lorsque le marché du travail se détériore ont dû réduire leur consommation. Cela a alimenté les inquiétudes quant à un éventuel ralentissement de la croissance au cours de l'année.
En juillet 2025, le Big Beautiful Bill Act a été signé. Cette loi prolongeait les réductions d'impôts antérieures et augmentait considérablement les dépenses publiques, notamment dans les domaines de la défense, des infrastructures et du contrôle de l'immigration. Si cette politique a soutenu l'activité économique à court terme, elle a également entraîné une augmentation des déficits budgétaires et une forte hausse des émissions de dette. Cela a accentué la pression sur la viabilité structurelle des finances publiques américaines et a sensiblement accru les inquiétudes des investisseurs obligataires.
Réactions des marchés
Actions
Les marchés financiers ont connu une année exceptionnellement volatile. Après un début d'année en fanfare, porté par l'optimisme suscité par le programme pro-business de Trump, une correction ordonnée a démarré début mars initiée par la crainte du Liberation Day. Cette correction s’est muée en krach lors de l’annonce du Liberation Day avec une chute de près de 5 000 milliards de dollars de valeur boursière. Au second semestre, le marché a progressivement regagné confiance grâce à des accords commerciaux, des chiffres d'inflation plus favorables et des baisses de taux d'intérêt de la Fed. Le S&P 500 a finalement clôturé l'année 2025 en hausse de 16,6 % (USD), tandis que le Nasdaq a gagné 20,5 % (USD)*.
Obligations
En 2025, le marché obligataire a été sous pression en raison de l'augmentation des déficits budgétaires et des émissions de dette. Les investisseurs ont exigé une prime de risque plus élevée, ce qui a entraîné une hausse des taux d'intérêt à long terme et une volatilité accrue sur le marché des bons du Trésor. Les baisses de taux d'intérêt de la Fed ont apporté un certain soulagement plus tard dans l'année, mais le sentiment est resté fragile.
Devises
Le dollar américain a connu une évolution irrégulière. Après un début d'année solide, presque à parité avec l'euro, la devise s'est progressivement affaiblie à partir de mars en raison des inquiétudes liées à la politique tarifaire, à la situation budgétaire et aux anticipations d'un nouvel assouplissement monétaire. À la fin de l'année 2025, le dollar s'échangeait à environ 1,17 €/USD.
Matières premières
L'or a été le grand gagnant : les tensions géopolitiques et la baisse des taux d'intérêt réels ont poussé son prix à un niveau record par once. L'argent a suivi la même tendance à la hausse, soutenu par la demande de l'industrie et des investisseurs.
Conclusion
La première année du second mandat de Trump a été marquée par des choix politiques radicaux, une incertitude accrue et des fluctuations des marchés. Le protectionnisme et les tensions géopolitiques ont initialement entraîné des corrections, mais les marchés se sont redressés grâce à des négociations commerciales constructives avec la Chine, à de solides bénéfices des entreprises et à un soutien monétaire. Belfius Asset Management s'attend à ce que l'économie américaine reste résiliente : après un léger ralentissement de la croissance fin 2025, l'activité devrait repartir à la hausse en 2026 grâce à des mesures de relance budgétaire et à la poursuite des investissements dans l'IA. La Fed reste un facteur stabilisateur et devrait procéder à deux baisses de taux l'année prochaine, malgré les tensions politiques autour de son indépendance. Bien que des risques subsistent, tels qu'une éventuelle correction technologique ou de nouvelles tensions commerciales, Wall Street a terminé l'année en force, confirmant la robustesse de l'économie américaine.
Sources: Belfius Asset Management, Financial Times, Bloomberg.
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